L’été relance chaque année la même question dans les rayons surgelés : quelle glace choisir pour se faire plaisir sans tomber sur un produit trop sucré, trop gras ou bourré d’additifs ? Un récent comparatif de 60 Millions de consommateurs, consacré à 70 glaces et sorbets vendus en grande surface, montre que toutes les références ne se valent pas. Certaines marques de distributeurs, notamment chez Picard ou Intermarché, obtiennent de meilleurs résultats que des produits très populaires comme les Magnum.
Un comparatif qui passe les glaces au crible
Le test ne s’est pas limité au goût ou au prix. Les produits ont été évalués selon plusieurs critères : teneur en sucres, graisses saturées, nombre d’ingrédients, présence d’additifs, Nutri-Score, composition globale et rapport qualité-prix. Cette approche permet de distinguer les glaces simplement gourmandes des desserts glacés très transformés.
D’après les éléments relayés par plusieurs médias, les sorbets aux fruits rouges figurent parmi les produits les mieux classés. Deux références se démarquent particulièrement avec une note de 18/20 : le bâtonnet “La passionnée fraise pastèque” de Picard et le sorbet à la fraise Naïce vendu chez Biocoop. Ces produits profitent notamment d’une composition plus courte et d’un profil moins gras que de nombreuses glaces enrobées ou confiseries glacées.
Picard, Intermarché, marques distributeurs : pourquoi elles peuvent faire mieux
Le résultat peut surprendre : les produits les plus connus ne sont pas forcément les mieux notés. Dans certaines catégories, les marques distributeurs ou spécialisées dans le surgelé tirent leur épingle du jeu grâce à des recettes moins complexes, moins chargées en additifs et parfois mieux équilibrées sur le plan nutritionnel.
Chez Picard, certaines références se distinguent par une liste d’ingrédients plus maîtrisée. Pour les bâtonnets vanille, par exemple, Top Santé rapporte que le bâtonnet Vanille Macadamia Picard obtient la meilleure note de sa catégorie, notamment parce que sa recette reste plus courte que celle de nombreux concurrents.
Intermarché apparaît également dans les références plutôt bien placées selon les catégories, notamment parmi certains cônes ou sorbets. Cela ne signifie pas que toute l’offre d’une enseigne est irréprochable, mais que certains produits de marques distributeurs peuvent rivaliser, voire dépasser, les grandes marques nationales.
Magnum et confiseries glacées : des produits souvent plus riches
Les glaces type Magnum séduisent par leur enrobage chocolaté, leur texture crémeuse et leur image premium. Mais cette gourmandise a un revers : elles sont souvent plus caloriques, plus grasses et plus sucrées que les sorbets ou les bâtonnets fruités.
Les confiseries glacées cumulent fréquemment plusieurs couches : crème glacée, chocolat, caramel, morceaux croquants, sauces ou inclusions. Cette accumulation augmente mécaniquement la quantité de sucres, de matières grasses et d’additifs nécessaires à la texture, à la conservation ou à la stabilité du produit.
Le problème n’est donc pas de consommer un Magnum de temps en temps, mais de le considérer comme une glace “équivalente” à un sorbet aux fruits. Nutritionnellement, les deux familles de produits n’ont pas le même profil.
Additifs alimentaires : ce qu’il faut surveiller
Les additifs sont très présents dans les glaces industrielles. Ils servent à améliorer la texture, éviter la formation de cristaux, stabiliser l’émulsion ou prolonger la conservation. Tous ne présentent pas le même niveau de préoccupation, mais leur accumulation peut être un indicateur d’ultra-transformation.
Que Choisir rappelle que plus de 300 additifs sont autorisés dans l’Union européenne et qu’ils sont évalués par l’Autorité européenne de sécurité alimentaire. L’association propose toutefois une grille de lecture distinguant les additifs acceptables de ceux à éviter ou à surveiller. Pour le consommateur, le réflexe le plus simple reste de comparer les étiquettes : plus la liste est longue et technique, plus le produit mérite d’être examiné avec prudence.
Parmi les ingrédients à repérer figurent les émulsifiants, stabilisants, épaississants, sirops de glucose-fructose, arômes multiples et huiles végétales ajoutées. Leur présence n’interdit pas l’achat, mais elle aide à distinguer une recette simple d’un dessert glacé très transformé.
Sucre : le point faible de nombreuses glaces
Le sucre reste l’un des grands sujets du rayon glaces. Il apporte du goût, améliore la texture et limite la formation de cristaux, mais il peut vite grimper dans les produits industriels. Les glaces enrobées, les cônes fourrés et les desserts glacés façon barre chocolatée sont souvent les plus concernés.
L’Anses rappelle que la réduction des sucres ajoutés dans les aliments transformés fait partie des leviers importants pour prévenir l’obésité et le diabète. L’agence recommande de ne pas dépasser 100 g de sucres totaux par jour chez les adultes et adolescents, tout en soulignant qu’une partie de la population dépasse déjà ce seuil.
Dans ce contexte, une glace très sucrée peut représenter une part importante des apports quotidiens, surtout lorsqu’elle est consommée avec d’autres produits sucrés dans la même journée : soda, biscuits, jus de fruits, céréales ou desserts.
Sorbet ou crème glacée : lequel choisir ?
Le sorbet n’est pas automatiquement parfait, car il peut contenir beaucoup de sucre. Mais il présente souvent un avantage : il est généralement moins gras qu’une crème glacée, puisqu’il ne repose pas sur la crème, le lait entier ou les matières grasses végétales.
Les sorbets aux fruits, en particulier les bâtonnets, semblent mieux s’en sortir dans le comparatif. Ils sont souvent moins lourds sur le plan calorique et peuvent contenir moins d’additifs que les glaces très élaborées. En revanche, les cônes de sorbet ou les versions avec nappage, fourrage ou enrobage peuvent perdre cet avantage.
Le bon choix dépend donc moins du mot “sorbet” que de la recette complète. Un sorbet avec une liste courte, une bonne proportion de fruits et peu d’additifs sera généralement plus intéressant qu’un produit très transformé, même s’il affiche une image plus légère.
Comment choisir une meilleure glace au supermarché ?
Pour éviter les mauvaises surprises, quelques réflexes simples suffisent en rayon.
D’abord, regarder la liste d’ingrédients. Une glace composée d’une longue suite d’additifs, d’arômes, de sirops, d’huiles et de stabilisants est souvent plus transformée qu’une recette courte.
Ensuite, comparer la teneur en sucres pour 100 g. Cette donnée permet de ne pas se laisser piéger par les tailles de portions différentes.
Deux glaces de même apparence peuvent afficher des écarts importants.
Il faut aussi vérifier les graisses saturées, surtout dans les glaces chocolatées, les cônes, les barres glacées et les enrobages. Enfin, le Nutri-Score peut donner un repère rapide, même s’il ne remplace pas la lecture de l’étiquette.
Faut-il bannir les Magnum et les glaces gourmandes ?
Non. Une glace reste avant tout un produit plaisir. L’objectif n’est pas d’interdire les références les plus gourmandes, mais de mieux comprendre ce que l’on achète. Une glace très riche peut parfaitement s’intégrer dans une alimentation équilibrée si elle reste occasionnelle.
En revanche, pour une consommation plus régulière pendant l’été, mieux vaut privilégier les produits à composition courte, les sorbets simples, les bâtonnets fruités et les références moins chargées en sucres, graisses saturées et additifs.
Verdict : les meilleures glaces ne sont pas toujours les plus connues
Le comparatif de 60 Millions de consommateurs rappelle une réalité importante : la notoriété d’une marque ne garantit pas une meilleure composition. Des références Picard, Intermarché ou issues d’autres marques distributeurs peuvent parfois offrir un meilleur équilibre que des produits stars du rayon surgelé.
Pour bien choisir, il faut donc dépasser le packaging et regarder l’étiquette. Une bonne glace industrielle n’est pas forcément celle qui promet le plus de gourmandise, mais celle qui combine plaisir, recette lisible et composition raisonnable.
En résumé : les sorbets simples, les listes d’ingrédients courtes et les produits moins riches en graisses saturées sont souvent les meilleurs alliés pour se rafraîchir sans excès.
