La biodiversité, un sujet directement lié aux achats d’Intermarché
Intermarché occupe une position particulière dans les produits de la mer : via Agromousquetaires et son Pôle Mer, le Groupement maîtrise une partie de la chaîne, de l’approvisionnement à la transformation, et exploite également une flotte de pêche. Cette intégration donne à l’enseigne davantage de leviers qu’un distributeur qui se contente d’acheter un produit fini, mais elle lui confère aussi une responsabilité accrue sur les pratiques de pêche et d’élevage. Cette politique s’appuie sur un réseau dense, que l’on peut retrouver dans l’annuaire des magasins Intermarché en France.
La politique environnementale du Groupement associe désormais climat, eau et biodiversité. Pour les produits de la mer, l’objectif est de réduire les pressions sur les stocks de poissons et les écosystèmes tout en maintenant une offre accessible. Cela implique de travailler espèce par espèce, zone par zone, et de ne pas résumer la durabilité à la présence d’un logo sur l’emballage.
Sept engagements pour la pêche durable
Le plan « Engagés pour une pêche durable » du Pôle Mer formalise sept engagements. Ils couvrent notamment la diversification de l’offre responsable, la sécurité des équipages, l’attention portée aux espèces sensibles, le développement de techniques de pêche plus sélectives, la réduction des pollutions marines et la diminution de l’impact climatique des activités. Le plan est conçu comme évolutif, avec une mise à jour régulière des critères.
Cette approche est importante car la biodiversité marine ne se protège pas avec une règle unique. Un stock peut être en bon état dans une zone et sous pression dans une autre ; un engin de pêche peut être performant pour une espèce mais présenter des risques de captures accessoires. Les décisions d’achat doivent donc s’appuyer sur des données scientifiques et des systèmes de traçabilité suffisamment détaillés.
Le thon : la traçabilité devient un outil de décision
Les Mousquetaires ont rejoint la Global Tuna Alliance, coalition qui réunit distributeurs et entreprises de la filière afin d’améliorer la gestion des pêcheries de thon. Le Groupement réalise des cartographies de ses chaînes d’approvisionnement ; ces informations peuvent être croisées avec des données de pêche et utilisées pour identifier des risques liés aux zones, aux navires ou aux pratiques.
L’enjeu est particulièrement sensible pour le thon albacore de l’océan Indien, dont l’état a suscité plusieurs campagnes communes de la filière et d’organisations environnementales. Les distributeurs disposent d’un levier puissant : modifier leurs spécifications, demander davantage de transparence et, si nécessaire, déplacer une partie des achats vers des sources jugées plus robustes.
Saumon et crevette : la durabilité ne se limite pas à la pêche sauvage
La biodiversité concerne aussi l’aquaculture. Les Mousquetaires participent au collectif CARE Salmon, créé pour faire progresser les pratiques d’élevage, le bien-être animal et la transparence dans la filière saumon. Les sujets portent notamment sur la qualité de l’eau, la densité, la gestion des parasites, les manipulations et l’abattage. Pour un distributeur, ces exigences peuvent être traduites dans les cahiers des charges fournisseurs puis auditées.
Sur la crevette, le plan de vigilance du Groupement mentionne des exigences de traçabilité jusqu’à la production primaire, le refus de certains navires inscrits sur des listes de pêche illégale, ainsi que des mesures contre la « pêche fantôme » et les déchets en mer. Là encore, l’approche montre que la protection de la biodiversité dépend de décisions très concrètes dans la chaîne d’approvisionnement. Ces exigences de contrôle ont un prolongement très concret en rayon, comme le rappelle l’alerte sur des langoustines vendues chez Intermarché.
Le rôle historique du dialogue avec les ONG
Intermarché a déjà fait évoluer sa flotte et ses pratiques au fil du dialogue avec des organisations environnementales, notamment autour de la Scapêche et de l’arrêt de certaines pratiques de pêche profonde. En 2017, le WWF France avait notamment salué les engagements pris par l’enseigne après plusieurs années d’échanges. Cet historique éclaire la stratégie actuelle d’Intermarché : faire progresser ses approvisionnements vers des méthodes de pêche plus sélectives, mieux tracées et moins dommageables pour les écosystèmes marins.
En 2026, l’indicateur pertinent est la traduction des engagements dans les volumes achetés, les espèces vendues et les contrôles fournisseurs. Avec Intermarché et Netto à 17,5 % de part de marché en France à fin 2025 selon le Groupement, les décisions d’approvisionnement peuvent avoir un effet d’échelle. La biodiversité devient donc un sujet commercial autant qu’environnemental : disponibilité future des ressources, stabilité des coûts, réputation et confiance du consommateur sont étroitement liées. La stratégie d’approvisionnement croise d’ailleurs celle des marques propres, qu’Intermarché veut porter à 40 % du chiffre d’affaires autour de la santé, du plaisir et de la responsabilité.

